Quelle puissance de clim pour 20, 30, 50 ou 70 m² ? Le tableau, et ce qui le corrige

En bref

Comptez environ 100 W de froid par m² sous 2,50 m de plafond : 2,5 kW pour une pièce de 25 m², 3,5 kW pour 35 m². Descendez vers 70 W/m² dans un logement récent bien isolé, montez vers 125 W/m² sous les toits ou derrière une grande baie au sud. Seul un bilan pièce par pièce fixe la puissance du devis.

Publié le 23 octobre 2026 · par la rédaction de Clim94, chiffres vérifiés sur les sources citées en fin de guide

La puissance est la première ligne d’un devis, et la plus mal comprise. Trop faible, la clim tourne sans jamais atteindre la consigne pendant une canicule. Trop forte, elle coûte plus cher, démarre et s’arrête sans cesse, et assèche mal l’air.

La règle de départ : environ 100 W par m²

Pour une pièce de hauteur courante (2,50 m), l’ordre de grandeur repris par la plupart des guides est de 100 watts de froid par mètre carré. La puissance d’une clim s’exprime en kilowatts de froid (kW), parfois en BTU/h sur les appareils d’importation : 1 kW vaut environ 3 400 BTU/h.

La puissance qui compte est la puissance frigorifique, en kW froid. La puissance électrique absorbée, trois à cinq fois plus faible, ne dit rien du confort.

Le tableau par surface

Surface de la pièceLogement récent, bien isolé (≈ 70 W/m²)Cas courant (≈ 100 W/m²)Dernier étage, baie au sud (≈ 125 W/m²)
15 m²1,1 kW1,5 kW1,9 kW
20 m²1,4 kW2,0 kW2,5 kW
30 m²2,1 kW3,0 kW3,8 kW
50 m²3,5 kW5,0 kW6,3 kW
70 m²4,9 kW7,0 kW8,8 kW

Les unités murales se vendent par paliers, le plus souvent autour de 2, 2,5, 3,5, 5 et 7 kW. On choisit le palier juste au-dessus du besoin, pas deux crans plus haut.

Pour un logement entier, on ne climatise pas forcément tout : une unité dans le séjour et une dans la chambre principale couvrent souvent l’essentiel d’un trois-pièces. Chaque pièce se calcule à part.

Ce qui fait monter le besoin

Le dernier étage

Sous une toiture en zinc ou une terrasse mal isolée, le plafond rayonne la chaleur accumulée dans la journée. C’est la situation où la règle des 100 W/m² est le plus souvent prise en défaut : prévoir le haut de la fourchette, et commencer par vérifier l’isolation des combles.

Les vitrages et l’exposition

Une baie vitrée au sud ou à l’ouest sans protection extérieure apporte beaucoup de chaleur l’après-midi. La méthode par volume d’Engie ajoute 1 000 BTU/h, soit environ 0,3 kW, par paroi vitrée. Un store extérieur ou un volet fermé aux heures chaudes réduit ce besoin bien plus qu’une unité plus puissante.

La hauteur sous plafond

Les 100 W/m² valent pour 2,50 m. Dans un appartement ancien à 3 m ou plus, comme on en trouve à Vincennes ou à Saint-Mandé, raisonnez par volume : environ 40 W par m³.

Les occupants et les appareils

Une pièce où travaillent deux personnes avec ordinateurs et écrans chauffe plus qu’une chambre. Une cuisine ouverte sur le séjour aussi.

Les canicules

À Paris-Montsouris, la station de référence la plus proche du Val-de-Marne, les normales 1991-2020 comptent 14 jours par an au-dessus de 30 °C ; l’Agence parisienne du climat en projette environ 22 vers 2050, et l’été 2026 a déjà atteint 40,6 °C en juin. Un appareil dimensionné juste reste efficace, mais n’abaissera pas la pièce à 24 °C par 40 °C dehors. Viser 26 °C, c’est aussi viser ce qu’il sait tenir.

Ce qui fait baisser le besoin

  • Une isolation récente des murs et du plafond : descendre vers 70 W/m².
  • Des protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) fermées aux heures chaudes.
  • Une pièce au nord ou sur cour.
  • Une porte fermée entre une pièce climatisée et un couloir chaud.

Le bilan de l’installateur

Le tableau donne un ordre de grandeur pour comparer des devis, pas une puissance à commander. L’installateur sérieux mesure chaque pièce, note l’orientation, l’étage, les vitrages et l’isolation, et calcule un bilan thermique. Si un devis propose une puissance très au-dessus ou au-dessous du tableau, demandez-lui le calcul : la réponse dit beaucoup de sa méthode.

En hiver, une clim réversible chauffe aussi. Sa puissance de chauffage, souvent un peu plus élevée que sa puissance de froid, suffit en général à chauffer la pièce en mi-saison ; par grand froid, son rendement baisse, et dans un logement mal isolé elle complète le chauffage existant plutôt qu’elle ne le remplace.

Questions fréquentes

Une seule clim dans le séjour peut-elle rafraîchir tout l’appartement ?

Elle rafraîchit surtout la pièce où elle souffle. Dans un deux-pièces, porte ouverte la nuit, la chambre gagne quelques degrés ; au-delà, chaque pièce fermée a besoin de son unité intérieure.

Que veut dire « 9 000 BTU » sur une fiche produit ?

C’est une puissance de froid d’environ 2,6 kW. On trouve aussi 12 000 BTU, soit environ 3,5 kW.

Un climatiseur mobile de 3 kW vaut-il un split de 3 kW ?

Non : une partie de la chaleur rejetée par la gaine revient dans la pièce, et l’air extérieur entre par la fenêtre entrouverte. Selon l’Ademe, un mobile consomme environ 2,5 fois plus qu’un split pour rafraîchir.

Sources